Je veux revoir encore et encore, l’aube si chère à Raimbault.
Je me souviens :
– d’une folle nuit brésilienne en plein hiver, rue Mouffetard, une musique qui réchauffe les cœurs et les corps, un petit matin bleuté, les rues et les toits couverts de neige.
– d’une nuit joyeuse en Corse pleinement arrosée de Monte Cinto, une baignade improvisée dans l’onde noire au point du jour.
– de l’ascension du Mont blanc par la voie des trois monts, aurore au Tacul éteignant les lumières de Chamonix, au loin la Corse posée sur la mer .
– d’un quart de nuit en été à bord du Bellem, seul sur le pont au lever du soleil, éclats multiples sur l’océan , miroir de la mer, Joseph Conrad m’accompagne .
Je n’oublie pas la plage près du casino de Cabourg au lever du jour. Les hommes en smoking relèvent leurs bas de pantalon, ôtent leurs chaussettes et leurs souliers, les femmes en robe longue jettent leurs escarpins dorés sur le sable. Les rires fusent.Tous posent leurs pieds dans l’écume de ce matin là , libres, égaux et joyeux à cet instant.
Combien d’aubes encore ?
Six heures ce matin, les oiseaux piaillent leur joie d’un nouveau jour. Il est temps de se laisser glisser dans le sommeil tandis que la ville s’éveille.
FGA
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